Pratiques et cultures religieuses du XIIIe au début du XVIe siècle

, par Theis Valérie

Le séminaire, qui s’adresse aux étudiants en Master, aux doctorants et à tous les chercheurs intéressés, fait alterner des séances de réflexion autour d’un ouvrage récent ou de recherches en cours, encore non publiées (« Actualité de la recherche ») et d’autres séances consacrées à un thème annuel. Il s’agira, cette année encore, de la référence apostolique dans les courants religieux occidentaux, envisagée à partir des sources les plus variées : exégèse ; hagiographie latine et vernaculaire ; liturgie ; prédication ; littérature de dévotion latine et vernaculaire ; images ; dédicaces… Fréquenté par des historiens, des historiens de l’art, des historiens de la littérature et des historiens du droit, ce séminaire est l’occasion de fructueux échanges interdisciplinaires.

Le vendredi de 10h30 à 12h30 en salle IHMC (esc. D, 3e étage) sauf le 23 novembre

Marielle Lamy (Sorbonne Université) et Catherine Vincent (Paris Ouest Nanterre La Défense)

HIST-EXT03-A

S1 et S2, 4 ECTS sur l’année

La référence apostolique est centrale dans le christianisme. La foi s’est transmise grâce à la « tradition apostolique », illustrée par la Divisio apostolorum, selon laquelle les apôtres (en grec, les « envoyés ») se seraient répartis les différentes régions du monde à évangéliser. Les évêques sont « successeurs des apôtres » ; celui de Rome est nommé dans les textes français « l’apostoile ». La vie de la première communauté des fidèles du Christ, telle que la rapportent les Évangiles et le livre des « Actes des apôtres », a servi de fondement à l’élaboration de l’idéal de la vita apostolica. Celui-ci a nourri de nombreux mouvements religieux, notamment à partir de la période centrale du Moyen Âge en Occident, mouvements qui se répartissent sur un large spectre de la dissidence à l’orthodoxie. Les temps apostoliques sont dotés d’un tel prestige qu’il a paru opportun d’y rattacher, au nom de la « succession apostolique », les origines de nombreux diocèses, voire de sanctuaires.

Certes, de savants travaux se sont déjà penchés sur cet idéal, sur ces forgeries, notamment illustrées par la tradition hagiographique de saint Martial de Limoges (il y en eut bien ailleurs), sur les traditions apocryphes et les légendes attachées à l’un ou l’autre des apôtres. Mais il demeure encore de nombreuses questions en suspens quant à l’intérêt manifesté envers les apôtres par les pratiques et discours religieux au long du Moyen Âge.

Dans quel contexte et dans quelle mesure les premiers disciples du Christ furent-ils considérés dans la totalité de leur collège, comme certaines représentations du Credo des Apôtres le donnent à voir ? Quel fut le traitement réservé à l’un ou l’autre ? Se détache bien sûr la figure de Pierre : la place du « chef des apôtres » dans les textes et les images qui ont accompagné la construction du pouvoir pontifical est cependant loin d’être parfaitement connue. Quel rôle accordait-on à Paul, qui revendiqua le titre d’apôtre sans avoir fait partie du groupe des Douze et osa affronter Pierre à propos de la mission chrétienne ? Mis à part les cas particuliers de Pierre et Paul, quelles évolutions peut-on observer dans le culte et la représentation des divers apôtres ? Par quelles voies (récits légendaires, reliques, guides de pèlerinage, liturgie…) certains personnages furent-ils agrégés à leur groupe ? Comment l’Église s’est-elle efforcée de neutraliser les usages potentiellement subversifs de la référence apostolique lorsque celle-ci, d’instrument de légitimation, se muait en instance critique ? Quelles tensions peut-on observer entre l’évocation du Collège apostolique et la mise en avant de la primauté de Pierre, au fil des évolutions et crises ecclésiologiques de la fin du Moyen Âge ? Des sources abondantes méritent encore d’être sollicitées pour éclairer ces interrogations : exégèse ; hagiographie latine et vernaculaire ; écrits de controverse ; liturgie ; littérature de dévotion latine et vernaculaire ; images ; dédicaces…

 

 

Programme 2018-2019

Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge (2)

 

19 octobre 2018 Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge

Olivier Marin (Université Paris XIII), « Apostolicitas. Les Hussites et le modèle apostolique. »

 

23 novembre 2018 Actualité éditoriale

André Vauchez (Institut de France), présentation de Saint Homebon de Crémone, « père des pauvres » et patron des tailleurs, Bruxelles, Société des Bollandistes, 2018, « Subsidia hagiographica » 96, Bibliothèque du Centre Roland Mousnier, Sorbonne.

 

21 décembre 2018 Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge 

Alexis Fontbonne (Université Paris Nanterre ; EHESS, CESOR), « La notabilité apostolique : la charité comme travail religieux légitime des laïcs (XIIe-XIIIe siècles) » 

 

18 janvier 2019 Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge

Esther Dehoux (Université de Lille), « Signa apostolorum. Les apôtres sur les enseignes de pèlerinage (XIIe-XVe siècle) »

 

22 février 2019  Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge

Pierre-Yves Le Pogam (Musée du Louvre), « Le thème iconographique du collège apostolique dans la sculpture à l’époque de la papauté d’Avignon et du Grand Schisme »

 

29 mars 2019 Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge

Jean-Pierre Bordier (Université Paris Nanterre), « Apôtres du Christ et apôtres des Gaules dans le théâtre français du Moyen Âge »

 

12 avril 2019 Thème annuel : Figures et usages de l’apostolicité au Moyen Âge

Marielle Lamy (Université Paris Sorbonne), « Le collège des apôtres dans les Transitus Mariæ  »

 

17 mai 2019  Actualité éditoriale

(à préciser)